« Pourquoi a-t-on besoin de se comparer ? »

Goûter philo novembre 2018

« Pourquoi a-t-on besoin de se comparer ? »

Cf article paru dans « Psychologie » de juillet 2018

1) Définition :

Wikipedia : La comparaison est une simple opération mentale consistant à mettre en parallèle, 2 éléments, afin de saisir les similitudes et les différences.

2) Citations :

Comparaison n’est pas raison. R Queneau

On n’est seul que par comparaison. P Fillion

Il est sans comparaison plus facile de faire ce qu’on est, que d’imiter ce qu’on n’est pas. Louis XIV

Le succès de l’épreuve de la guerre, comme le bonheur dans la vie, n’existe que par comparaison. Ch De Gaulle

Le désir humain est, par essence, mimétique. R Girard

Comme toute comparaison originale doit forcément, à la longue, se banaliser, n’en jamais faire. E Poe

Plus vous entassez de bonheur quelque part et plus vous faites paraître le malheur petit. E Goudge

3) Synthèse de nos échanges :

Se compare-t-on ?

Oui, même tout seul ; dans le miroir.

On peut se comparer à des philosophes, à des artistes ; à plein d’autres gens que l’on ne connait pas ; même si on est tout seul.

Si on veut avoir un idéal, on en a besoin. Mais cela veut dire se comparer à quelqu’un qui a des belles valeurs. Tout dépend à qui on se compare.

A partir du moment où on vit en société, c’est naturel. Il y a moi et il y a les autres. Et les autres sont mieux ou plus mal. La comparaison n’est pas forcément négative.

Se comparer implique une notion de jugement.

Est-ce que ce n’est pas nécessaire, de se situer par rapport aux autres ? Soit on est « en-dessous », soit on est « au-dessus » ?

On peut se comparer pour être orgueilleux ; ou bien pour progresser ?

C’est compliqué !

Est-ce que c’est se comparer quand on dit : « ça je ne le ferai pas comme toi » ?

Oui.

Et après, on cogite ! On regarde le comportement de la personne ; pour changer le sien si besoin.

Et donc si on tend à aller vers du mieux, ce n’est pas négatif. On peut vouloir ressembler à un modèle.

Dans ce sens-là, c’est une comparaison positive.

Parfois les parents disent à leurs enfants : « tu ne vas pas te comparer à elle ».

Pourquoi ?

Pour ne pas envier, ni jalouser quelqu’un de supérieur.

Et cela peut être mauvais et développer un sentiment d’infériorité. Ce n’est pas sain. C’est mauvais pour l’estime de soi.

Oui, mais cela peut tirer vers le haut. Et ne pas se contenter de rester dans son « train-train ». On est boosté ! Cela peut donner la force d’avancer.

L’école, ça n’est que ça !

On compare toujours les enfants en leur faisant voir les différences. Déjà tout petit, il y a des évaluations, des notes.

Sans être dans la compétition, on est vite dans la surenchère.

Cela rejoint un sujet déjà abordé : bon ou pas bon d’être compétitif ?

De toute façon, dans notre société, on ne peut faire que ça……

Et même avant l’école, dans la petite enfance, on entend souvent « ton frère avant toi…. » ou « moi, quand j’avais ton âge…. »

Moi, j’étais toujours comparée à une copine qui n’a pas réussi plus que moi ! J’ai bien fait d’aller jouer quand elle faisait ses devoirs !

Dans les comparaisons, il y a la notion de hiérarchie : ça c’est mieux, ça c’est moins bien. Et ce n’est pas bon.

J’essaie de ne pas porter de jugement sur le comportement des gens. Ils ont le droit de faire différemment.

Mais je pense que c’est humain.

Quand des parents poussent leurs enfants, c’est pour « leur bien », pour qu’ils réussissent.

Est-ce qu’on n’obtient pas le résultat inverse ?

C’est dur parfois. Quand un enfant reçoit une note, il n’est pas besoin d’expliquer où elle se situe sur l’échelle des nombres….

Cela dépend des personnes : certaines vont se motiver pour rattraper leur retard ; d’autres vont baisser les bras.

Cela fait penser à « l’effet gros poisson ».

Par ex. quand on joue au tennis, à niveau égal face à quelqu’un qui est meilleur ou moins bon que soi. Le ressenti ne sera pas le même.

Ou dans un concours, à note égale on ne réagit pas de la même façon face à une note bien supérieure ou bien en-dessous.

Et donc l’image du poisson dans un océan ou dans une petite mare, donne l’expression.

J’ai l’exemple du fils d’une amie qui s’est suicidé quand il n’a plus été le meilleur de sa classe lorsqu’il est entré dans les grandes écoles où le niveau était très élevé. C’est l’exemple d’une comparaison néfaste.

La comparaison n’est pas mal en soi. Tout dépend de ce que l’on en fait….

Mais il y a une expression : il ne faut comparer que ce qui est comparable.

Voir les citations

Tout dépend du contexte.

Et aujourd’hui, que faire avec les réseaux sociaux ? Que faire avec les images de gens qui étalent les photos de leur réussite, de leurs vacances, de leurs richesses ?

On compare avec le voisin !

Mais y a-t-il des risques ?

On compare sans arrêt les affichages, les expositions des gens.

Est-ce que ce n ‘est pas une spirale dangereuse pour les jeunes ?

Lorsqu’on utilise les réseaux pour envoyer 3 ou 4 photos (comme des cartes postales), pas de problème.

Là où ça devient dangereux, c’est que c’est une compétition pour avoir le plus grand nombre d’amis.

Quel(s) besoin(s) ?

Être plus heureux parce qu’on l’a dit à plus de personnes ?

Mais comment les autres reçoivent-ils ces informations ?

On peut se réjouir pour eux ? Ou pas !

Mais certaines personnes n’ont même pas besoin des réseaux sociaux ; il suffit de les croiser dans la rue pour qu’ils nous racontent leur vie, leurs exploits ; sans jamais demander de nos nouvelles !

Ce n’est pas la vie, ça !

On peut ne pas y accorder d’importance ; mais on peut aussi avoir envie d’en faire/avoir plus….

Et là, ce n’est pas très sain.

On fait croire que pour être heureux, il faut étaler. Pour moi, ce n’est pas la vraie vie. Et cela peut être terrible/dramatique à accepter si on a moins d’amis que d’autres….

Malgré tout, les ados ont besoin de se comparer à leurs pairs pour savoir « ce qu’ils valent ». C’est presque naturel à l’adolescence : on se cherche. Et les outils informatiques sont devenus indispensables. Les ados (et des adultes aussi parfois), ne peuvent plus s’en passer.

Il faut faire avec. Mais on peut accompagner leur usage.

L’éducation peut encadrer tout cela ; en apprenant à l’enfant comment avoir un esprit critique.

Il faut une forme de discernement.

Et comme aujourd’hui, les enfants veulent tout et tout de suite, ce n’est pas facile !

Et la mode ? Et la tenue vestimentaire ?

Que fait-on du regard de l’autre ?

Impossible de l’ignorer.

On a l’impression que tous les jeunes s’habillent de la même façon. Ils se ressemblent tous !

Plus d’individualité !

Et la blouse ?

Justement, elle était faite pour qu’il n’y ait pas de différences ; et donc pas de comparaison.

Et les marques de vêtements ?

Il y a comparaison avant de s’habiller tous pareils ! Et si on ne ressemble pas au groupe, on peut en être exclus. Inacceptable. Invivable.

C’est important d’être comme les autres, d’avoir des chaussures de la même marque par ex.

Parfois aussi, les jeunes se comparent à une « idole » : chanteuse, footballeur, etc…

Il faut se résigner. L’adolescence (la crise), passera, avec l’âge.

Et c’est peut-être un mal pour un bien. Et c’est plus tard que l’on se rend compte qu’on n’était pas soi-même.

Et puis, il y a l’influence de la télévision et de tous les autres médias ; qui ouvrent sur le monde.

Dans les cultures primitives, il y a le passage par la phase initiatique. L’enfant grandit et prend des responsabilités. Dans nos cultures, on n’a pas ça. On ne réalise plus qu’on passe à l’âge adulte.

Tout va plus vite.

Oui, mais « il faut être comme tout le monde », ce n’est pas une éducation !

En tout cas, beaucoup de sociologues, de philosophes s’accordent à dire qu’il faut se comparer pour exister.

Ne serait-ce que pour dire : « je ne suis pas », « je ne veux pas être » !

Se comparer pour acquérir une estime de soi, pour nourrir notre ambition, pour se comparer à plus malheureux, pour apprendre à relativiser sur son propre sort.

On a besoin de savoir dans quelle case (de la société), on se situe.

Et on peut également en profiter pour apprendre à se réjouir pour les autres. Cela peut apporter du plaisir.

Il y a un aspect que l’on a n’a pas abordé : le souci du quand dira-t-on. C’est difficile de ne pas s’occuper de ce que les autres pensent de nous.

Et d’y prêter attention, c’est plutôt bon signe…pour une personne déjà âgée mais qui ne veut pas paraître trop vieille, on pensera qu’elle est coquette et volontaire !

Conclusion possible :

La comparaison n’est pas nocive en soi. Ce qui l’est, c’est la croyance que si nous ne sommes pas au sommet, nous ne sommes rien. Et là, c’est un problème à régler avec soi-même ; ce sont des comptes à régler avec son enfance, son éducation, sa famille, etc…

 

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L’après-midi « Galette des roi » 2019

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Vœux du club

Le Club de Loisirs de Montignac

Vous présente ses meilleurs vœux

Pour l’année 2019 !

Qu’elle vous soit douce et heureuse

Qu’elle vous apporte bonheur et satisfactions

Qu’elle vous offre encore des moments très chaleureux au sein de notre association !

 

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Réveillon 2018-2019

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